Publié par : Lynda Dumais | 21/04/2012

Luxe, image et dragon

Mercedez-Benz et son partenaire chinois BAIC pourrait bientôt produire un véhicule destiné au « marché du mâle alpha chinois […] rebelle, anticonformiste, provocateur et masculin » [c’est à dire, un Chinois … ?]. À l’allumage du moteur et quand la transmission est au neutre, les phares-avant projettent une lumière rouge qui « évoquent les yeux méfiants et presque intimidants d’un animal prédateur » [un dragon] (La Presse, 19 avril 2012). L’attrait du marché du luxe pour les producteurs étrangers n’en est qu’à ses débuts.

Autres articles sur l’industrie du luxe
Publié par : Lynda Dumais | 19/04/2012

Après le BASIC, le TIMBI

Ça y est, les acronymes BRIC, BRICS et BASIC se sont débarrassés du C (pour Chine). Il faudra maintenant se tourner vers le TIMBI (Turquie, Inde, Mexique, Brésil et Indonésie). Certains médias apprécient ces acronymes, posés comme signifiants dans le processus décisionnels de nos entreprises quant aux marchés à investir. Le TIMBI est l’œuvre de l’Américain Jack A. Goldstone de la George Mason University. Quel est l’intérêt du TIMBI ? La jeunesse de la population et la forte croissance économique des pays qui composent le regroupement. Les données sont en effet là pour confirmer la croissance prévue d’ici 2050 du bassin de main-d’œuvre de 15 à 59 ans … si, bien sûr, tout se passe comme prévu – pas de tremblement de terre ou de tsunami dévastateurs, pas d’insurrection politique et pas de politique anti-nataliste de type maoïste.

Source : Foreign Policy

Heureusement, le « père » du TIMBI souligne que les exportateurs et investisseurs canadiens ne devraient pas délaisser trop rapidement la Chine. Si son bassin de main-d’œuvre a cessé de croître en 2010, sa croissance économique n’en demeurera pas moins vigoureuse dans les années à venir. Avec 1,3 milliards de population, il reste encore tout de même quelques travailleurs à mobiliser … et quelques consommateurs à conquérir. Et puis, un baby boom pourrait bien se passer que les économistes n’auront pas vu venir …

Publié par : Lynda Dumais | 18/04/2012

Hiérarchies du snobisme

Quand vient le temps de vendre en Chine, mieux vaut connaître à l’avance les goûts des Chinois. L’étude n’a peut-être rien de scientifique mais elle révèle une tendance qui se maintien : la confiance dans les biens et services en provenance de l’étranger.

Publié par : Lynda Dumais | 18/04/2012

La compétition

La Chine dépassera-t-elle ou non les États-Unis et, lequel cas, quand ? Bien sûr, sur la base de PNB cela se fera rapidement. Même avec un taux de croissance d’un peu moins de 8 %, l’économie continue à aller de l’avant. Ceci dit, en effet, le niveau et la qualité de vie des Chinois mettront plus longtemps à rattraper ceux des pays les plus riches. Une intéressante discussion d’économistes  pour faire le point … et se préparer à ce qui pourrait bien arriver plus vite que ne le prévoient et l’espèrent certains.

Publié par : Lynda Dumais | 29/03/2012

Du Viêt Nam à la Chine

Nous en entendons parler depuis quelques années déjà mais, pour les entreprises qui tentent d’opérationnaliser le déplacement de la production de la Chine vers le Viêt Nam, la décision n’est pas facile. Ce que la Chine a mis trente ans à développer en est parfois à ses débuts au Viêt Nam, notamment en termes de support à l’exportation et d’infrastructures. Néanmoins, la tendance est là et elle s’explique entre autres par la volonté de la Chine de réduire sa dépendance à l’égard des exportations et la volonté de faciliter le développement de sa classe moyenne. Même s’ils proposent toujours une excellente base de production pour des produits de plus en plus sophistiqués, les Chinois passent progressivement à une société de services. La production des produits de base se déplace peu à peu vers des marchés à bas coûts.

Une analyse récente de Asia Briefing suggère en fait que le Viêt Nam pourrait non seulement constituer une base de production pour nos entreprises mais aussi un point de distribution vers les marchés où les consommateurs sont avides de produits à prix raisonnables. McKinsey propose d’ailleurs un nouvelle étude sur les consommateurs chinois.

Publié par : Lynda Dumais | 28/03/2012

Publicité locale

La nécessité d’adapter la publicité aux particularités locales s’applique à la Chine comme à d’autres marchés. North Face propose ainsi une série de publicités aux consommateurs des grands centres urbains sous le slogan « Go Wild ». La publicité ci-dessous est un peu surprenante mais néanmoins intéressante. Elle propose aux Chinois une aventure dans la « nature tibétaine » : “Get rid of all the tags you have when you are in the cities. Go run freely in the outdoors, release yourself and be the nature’s kid again”. Une chose est certaine, le North Face acheté à Beijing il y a une dizaine d’année, ne l’a pas été sous les mêmes prémisses, mais l’attrait des grands espaces y était tout de même ….

Publié par : Lynda Dumais | 26/03/2012

Chine de 2030

Un rapport récent de la Banque mondiale, intitulé China 2030: Building a Modern, Harmonious, and Creative High-Income Society, propose six orientations stratégiques pour la Chine de demain:

  1. Terminer la transition vers une économie de marché
  2. Accélérer le rythme de l’innovation ouverte
  3. Transformer les pressions environnementales en « moteurs verts » du développement
  4. Développer les opportunités et les services dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’accès au travail pour tous les groupes sociaux
  5. Moderniser et consolider le système fiscal domestique
  6. Poursuivre la quête de relations mutuellement bénéfiques avec le monde en associant les réformes structurelles de la Chine à l’économie changeante de la planète

Publié par : Lynda Dumais | 03/03/2012

Les érables coulent jusqu’en Chine

Avec l’arrivée du printemps s’annonce notre rituel annuel vers la cabane à sucre. Une fois par année, de préférence avec des amis ou de la famille, nous participons ainsi à un banquet gargantuesque à saveur québécoise. Avec un peu de chance, le sirop sera de la nouvelle cuvée et les plats comprendront des fèves au lard, du jambon maison et de la tarte au sucre d’érable. Et puis, l’été venu, nous oublierons tout ça. Bien sûr, nous mettrons du sirop sur nos crêpes de temps à autre mais, pour beaucoup d’entre nous, l’utilisation du sirop vendu dans sa canne légendaire se limitera à ça. Même si certains restaurateurs utilisent le sirop dans leurs recettes, peu de Québécois savent vraiment comment utiliser les produits de notre arbre national.

Un Québécois à Shanghai précise que « les Chinois ne savent pas comment utiliser le sirop d’érable dans leur alimentation ». En cela, ils nous ressemblent beaucoup. Ceci-dit, pour développer le marché chinois, des efforts notables ont été consentis à la commercialisation comme, par exemple, la tenue d’un Festival du sirop d’étable, des emballages originaux et des dégustations.

Le feng tang (节日), ou sucre d’érable, fait son chemin en Chine et nos producteurs en profitent. Partant de la bonne vieille canne, l’exportation a permis, au moins à l’étranger, de changer les habitudes d’un autre siècle. Bien que trop sucré pour les goûts chinois (le poulet du général Tao n’est pas chinois), le sirop d’érable en Chine y bénéficie d’une aura santé à cause de ses caractéristiques naturelles, minérales et antioxydantes. Je serais prête à parier que les Maple Treat (Granby) du Québec qui sauront s’y prendre récolteront l’or de la sève de leurs érables. On essaiera bien sûr de les imiter, mais une bonne stratégie et des partenariats durables les guideront sur le chemin de la réussite à long terme.

Publié par : Lynda Dumais | 01/03/2012

Les salaires

La hausse des salaires constitue une réalité indéniable du paysage manufacturier chinois. Le gouvernement central, via le 12e Plan quinquennal manifeste clairement son intention d’améliorer les conditions de vie des travailleurs chinois. Il répond ainsi à un certain nombre d’enjeux dont, notamment :

  • La pression externe sur les mauvaises conditions de travail qui sévissent dans le secteur manufacturier
  • La pression interne des travailleurs eux-mêmes, laquelle se manifeste concrètement par des démonstrations publiques, des grèves et même des suicides
  • La nécessité de compenser la chute des revenus externes en provenance des exportations par la hausse des dépenses internes de consommation

Les prescriptions quant à la hausse des salaires proviennent de Beijing mais leur opérationnalisation se fait localement. Les hausses du salaire minimum varient de 9 % à Beijing à 13 % à Shanghai, 13,6 % à Shenzhen et 23 % au Sichuan. Concrètement, après la hausse prévue de 13,5 % du salaire minimum dans sa province, un ouvrier du Gansu verra son salaire mensuel passer de 121 $ à près de 140 $.

Plusieurs publications sur les échelles salariales en Chine sont disponibles, dont celles de Kelly China pour 2012.

Publié par : Lynda Dumais | 24/02/2012

Le BASIC

Aux acronymes BRIC et BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (South Africa) – s’ajoute maintenant celui du BASIC. Mais attention, l’acronyme ne renvoie pas à un volet économique mais bien à des discussions internationales en matière d’environnement.

Le BASIC – Brésil, Afrique du sud, Inde et Chine – repose sur une entente conclue en 2009 entre les quatre nations autour de la position des pays en développement face à l’accord sur les changements climatiques de Copenhague.

En 2011, l’alliance géopolitique a proposé une rapport intitulé « Accès équitable au développement durable » (EASD). La proposition vise à appuyer les négociations climatiques en cours et la prise en compte des attentes et besoins des pays en développement dans le dialogue en cours

Publié par : Lynda Dumais | 22/02/2012

Grappes – Industries et universités

Le paysage manufacturier de la Chine est caractérisé par un grand nombre de grappes industrielles, c’est à dire des concentrations géographiques d’entreprises d’une même industrie, lesquelles sont interconnectées entre elles. L’existence de ces grappes industrielles augmente la compétitivité des économies régionales où elles sont localisée. Le Centre de recherche Li & Fung s’intéresse au sujet et publie la liste des 100 grappes industrielles principales identifiées à la fin de 2009 par la Chinese Academy of Social Sciences (CASS). La ville des bas (Sock City) est l’une de ces grappes.

Comme pour les grappes industrielles chinoises, des « grappes de savoir » se sont développées au cours des années en Chine. Ces centres universitaires spécialisés et voués au développement de certaines industries en particulier sont généralement consultés dans l’établissement de politiques industrielles nationales. Ce sont ce qu’on appelle des « aviseurs » ou « prescripteurs » que les entreprises, chinoises comme étrangères, gagnent à inclure dans leur réseau. China Briefing en propose une liste.

Publié par : Lynda Dumais | 19/02/2012

Ne pas aller en Chine

Les commentaires-assassins pour tuer un projet sur la Chine, ou comment remettre à plus tard ce qui devrait être pris en considération aujourd’hui même …

Inspiré de Les Affaires et Innovation 360 Institute

Publié par : Lynda Dumais | 11/02/2012

La mutation est déjà en cours

En 2007, on parlait déjà des salaires et charges sociales ainsi que des prix à la hausse. Nul ne prédisait cependant réellement la crise qui surviendrait en 2008. Les entreprises manufacturières étrangères se ruaient encore vers les centres industriels où le dynamisme des PME s’imposait comme un modèle à suivre. Wenzhou au Zhejiang en étant un bon exemple. La production de masse à bas prix et des marges concurrentielles y dominaient. Producteurs chinois d’une part et acheteurs, distributeurs et consommateurs occidentaux d’autre part, étaient tous sur la même longueur d’onde : le profit à court terme.

À l’époque, j’ai volontairement choisi de placer au programme d’une délégation de conseillers en entreprise d’un peu partout en Québec une visite de Haining, la capitale chinoise de la grappe industrielle du cuir. Haining, c’est plus de 2 milles entreprises de l’industrie du cuir. Tous les secteurs d’activités de l’industrie sont localisés dans la région : les producteurs et importateurs de peau, les fournisseurs d’intrants dans la fabrication de produits de fourrure et de cuir, les distributeurs et ceux qui livrent les produits aux acheteurs. Une illustration intéressante d’un modèle qui a réussit durant près de vingt ans.

Aujourd’hui, le « modèle de Wenzhou » périclite. Pour les entreprises locales, les coûts en sont trop élevés, les marges réduites à moins de 3 %, les financements rares, voire usuraires. La localisation à quelques heures de Shanghai est de moins en moins un avantage distinctif. Les acheteurs occidentaux, en quête de prix coupés, leur préfèrent les villes de l’intérieur, ou s’en vont tout simplement ailleurs, là où les salaires de la main d’oeuvre échappent encore aux lois et normes du travail en vigueur.

La Chine des bas prix est à se réinventer. Les entreprises occidentales acheteuses iront ailleurs pour profiter des aubaines. Espérons qu’elles se rendront compte assez rapidement du potentiel que représente la hausse des salaires pour la vente de produits en Chine. Quoi qu’il en soit, les Chinois ne se complairont pas très longtemps dans leur « malheur » et ne se sentiront pas contraints d’attendre un référendum pour imposer des solutions.

Si le sujet vous intéresse :
Publié par : Lynda Dumais | 11/02/2012

Harper en Chine

Finalement, le premier ministre du Canada s’est « résigné » à résolument tourner son regard vers la Chine. Les annonces se multiplient : libre échange, protection des investissements canadiens en Chine, développement du tourisme, signature de contrats et exportation du pétrole en provenance de l’Alberta. Tout ça est musique aux oreilles des intéressés, principalement localisés sur le côté de plus en plus lourd (et riche) du Canada.

Les revendications en matière de démocratie et de droits de l’homme se font par ailleurs discrètes … et destinées à la périphérie. Les Chinois du sud du pays disent souvent « Les montagnes sont hautes et l’empereur est loin ». Un discours prononcé à Guangzhou porte moins à conséquence que le même discours dans la cour du gouvernement central.

La communauté des affaires a de quoi se réjouir. Principalement celle qui a compris qu’avec la Chine, le succès en affaire passe obligatoirement par des poignées de main et des photos où figurent les chefs d’État tout souriants.

Finalement, Dashan nous représente fièrement et nous aurons nos pandas, symboles d’amitié et de confiance. Tous le monde est content. Enfin presque …

Si le sujet vous intéresse
Publié par : Lynda Dumais | 02/02/2012

Priorités et prise de décision

La prise de décision repose sur des facteurs différents en Chine et en Occident. Technomic Asia identifient ainsi trois groupe de priorités dont une entreprise doit absolument tenir compte dans la formulation de plans d’affaires et de stratégies en contexte chinois. En fait, ces mêmes priorités se confondent avec celles du gouvernement chinois :

  1. Les intérêts et priorités du politique
  2. La planification sociale et culturelle
  3. Éventuellement, les affaires et le profit

Les entreprises qui réussissent en Chine comprennent les règles du jeu. Concrètement, cette prise en compte se manifeste notamment par :

  1. La lecture formelle et entre les lignes du Plan quinquennal
  2. Le réseautage bureaucratique et institutionnel
  3. La compréhension des enjeux sociaux, dont la création d’emploi et le développement d’une classe moyenne « consommatrice »
  4. La participation aux rituels culturels : face, réseautage, banquets et autres manifestations héritées et assumées
  5. Le respect des normes et de la règlementation locales

Bien sûr, faire affaire en Chine est contraignant. Nul doute et de plus en plus. Je ne verserais cependant pas trop de larmes sur les entreprises qui doivent « se soumettre » aux règles locales chinoises. Elle savent que ces « sacrifices » mènent souvent à la réussite en Chine et ailleurs dans le monde.

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